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Mon yoga du lundi matin

Le yoga & moi

En yoga, j’ai beaucoup papillonné ces dernières années, de cours en pratiques qui ne me donnaient pas satisfaction.

Une carte de 10 séances que je n’ai même pas terminé dans un studio spécialisé, quelques cours suivis dans la salle de sport que j’ai fréquenté pendant un temps, une pratique fabuleuse à l’été 2017 avec le grand Master Akshar lors de sa venue à Strasbourg, et un peu d’asanas en solo à la maison.

Pas de pratique réellement suivie, donc.

La prise de conscience

Cet été, j’ai participé au festival de yoga “Joséphine fait”, en tant que naturopathe. J’ai pu assister à la projection du film documentaire de Stéphane Haskell, l’auteur de “Respire” – comment le yoga m’a sauvé et peut tous nous aider”, une des lectures qui m’a le plus marqué cette année. En lisant son récit, j’ai compris ce qui me manquait et ce qui ne me convenait pas dans tous les cours que j’ai pu suivre jusqu’à maintenant, et mieux encore, j’ai compris ce que j’attendais d’un cours. J’y reviendrai un peu plus bas; j’aimerai tout d’abord vous parler du livre de Stéphane Haskell.

A 40 ans, Stéphane Haskell est un photo-reporter reconnu qui parcourt le monde quand il est atteint du “syndrome de la queue de cheval” qui le paralyse. Hospitalisations, opérations très lourdes, traitements … il est au bout du rouleau et pense à la mort quand un proche lui recommande d’aller en Allemagne, suivre les enseignements de Thérèse, qui organise des semaines de pratique intensive à l’écart du monde.

“Respire” raconte ce retour progressif à la vie et à la mobilité, entre autre et surtout grâce au yoga. Grâce aux enseignements de Thérèse d’une part, l’auteur s’apercevra d’ailleurs a posteriori que c’est une formation d’enseignant de yoga qu’il a en réalité suivie, et grâce aux soins reçus au centre Iyengar à Paris ( yoga thérapeutique créé par le maître B.K.S. Iyengar d’une grande aide pour la rééducation fonctionnelle ).

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt le récit des nombreux séjours que l’auteur a fait en Allemagne, les pratiques intensives, la recherche de sens, le travail personnel, le dépassement de soi et la douleur que parfois cela représentait, les questionnements, les remises en question que cela induisait.  Plus je lisais et plus je comprenais ce que j’attends d’un cours de yoga : un réel enseignement, un moment de travail sur soi, quelque chose qui me suis encore la porte du cours refermée. Or, tous les cours que j’ai pu suivre jusqu’à maintenant étaient vides de sens et mécaniques. Une pratique sportive plus qu’autre chose. Or, le yoga, ce n’est pas un sport.

Ma pratique du lundi matin

Alors, je me suis mise à la recherche d’un cours.

De préférence non loin de chez moi, de préférence le lundi matin. Habituellement, je déteste les routines. Savoir par exemple que tous les mardis, à la même heure, je vais systématiquement faire telle ou telle activité, ça m’amuse un mois et puis ça me lasse voire ça m’angoisse. Mais là, je trouvais séduisante l’idée de commencer ma semaine par une pratique de yoga. De commencer la semaine par un moment pour moi, pour mon ancrage. D’autant plus qu’en théorie, le lundi matin, c’est OFF mais qu’en pratique, je me retrouve toujours à travailler.

Et bingo, j’ai trouvé un cours dans mon quartier – qui nécessite de passer par ma rue préférée de Strasbourg pour m’y rendre ! –  ET le lundi matin.

Mi-septembre, je suis allée faire mon cours d’essai et j’ai été plus que conquise car je ne pensais pas trouver une pratique qui me conviendrait autant. Enfin, pour être plus précise, je crois plutôt que je ne pensais pas qu’un tel genre de cours pouvait exister.

Le cours est donné par Sylvette, qui pratique depuis 40 ans et cela ne ressemble à aucun autre cours auquel j’ai déjà pu me rendre. Nous sommes selon les semaines entre 4 et 6 participantes, ce qui est très confortable.

Et puis il y a la manière dont le cours est construit. On commence par un grand temps d’ancrage et de pleine conscience; c’est au sens premier du terme, ma respiration du lundi matin. On poursuit le cours par des asanas; au début de l’année, on a décortiqué la salutation au soleil pour comprendre cet enchaînement et c’est à ce moment là que j’ai compris que ce cours est singulièrement différent des autres. Sylvette nous amène à comprendre ce que l’on fait, et pas juste à bêtement la suivre. Elle nous laisse le temps de pratiquer à notre rythme. De même que les “om”; elle nous incite à les chanter comme on le sent et pas à l’unisson.

Cette liberté peut paraître anodine pour certains, mais pour moi, elle est essentielle. N’oubliez pas : le yoga, ce n’est pas un sport, c’est une pratique physique certes mais c’est aussi une pratique émotionnelle, spirituelle, personnelle.

Chacune va à son rythme, chacune fait ses enchaînements et vit sa pratique.

Sylvette est lumineuse, douce, bienveillante et comprend les gens en un regard.

C’est plus qu’un cours de yoga, c’est un rendez-vous; je sais que tous les lundis matins j’ai cette heure et demie pour moi, pour aller à la rencontre de moi-même, de mon corps et de mon esprit.

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